J’avais cru mal entendre, je suis allé vérifier. J’avais cru entendre Sarkozy dire, lors de son discours en hommage au policier tué par l’ETA que s’attaquer à un fonctionnaire c’est s’attaquer à la République. Je me suis dit, c’est pas possible, c’est trop gros, il n’a pas pu dire un truc pareil. Eh bien, si. Je viens d’aller vérifier, dans cette véritable joaillerie qu’est l’Elyséethèque, il a bien dit :« Que les choses soient claires, quiconque porte atteinte à un policier, à un gendarme, à un fonctionnaire, par l’insulte ou par le geste, porte atteinte à la République elle-même. Face à ces agressions, nous appliquerons la tolérance zéro. Leurs auteurs devront systématiquement en répondre devant la justice ». Les non-fonctionnaires apprécieront. On ne sait pas si on doit rire ou pleurer devant un tel niveau de démagogie. Y a-t-il un seul français, fonctionnaire ou pas, pour croire ces balivernes ? Mais qui l'a renseigné sur le QI des français ?
Les résultats des élections régionales ne sont pas encore sortis, mais, selon toute vraisemblance, l’UMP va boire le bouillon. Bien sûr, cette nouvelle ne sera pas partout malvenue :-). Mais le fait que Sarkozy se soit piégé lui-même n’est pas une bonne nouvelle. Il ne peut pas, après une élection catastrophique continuer comme si de rien n’était et continuer à appliquer ses réformes, ou plus généralement ses pseudo-réformes, à la hussarde. Il ne peut pas non plus tout arrêter, se contenter de gérer l’ordinaire comme Chirac, et se mettre encore plus à dos ce qui lui reste d’électorat. Ayant à la fois déçu son camp et attisé la détermination de ses opposants, il est totalement coincé. Nous sommes partis pour 2 ans d’immobilisme gouvernemental. Voyant Sarkozy grillé, les prétendants à l’élection de 2012, de droite comme de gauche vont très vite sortir du bois et démarrer la campagne électorale. Dans un contexte de crise mondiale c’est le pire qui pouvait arriver. Je ne vois qu’une option pour renflouer les caisses, refaire partir la machine industrielle, et souder la nation autour d’une cause exaltante : la guerre. Sus aux paradis fiscaux ! Tremblez, Jersey, Bahamas, Luxembourg et, surtout, le honni Monaco.


Roger Gicquel passera à une certaine postérité pour son annonce sinistre, un soir des années 70 « la France a peur…». Il avait bien raison, les français ont peur. Peur de tout. Du chômage, du déclin de la France, des tempêtes, de la baisse des retraites, de l’effondrement du système financier. Les deux tiers des publicités à la radio sont pour des assurances, des retraites complémentaires, ou le dépistage du cancer colo-rectal. Protégez-vous, protégez-nous !
Je suis passé aujourd’hui rue Jeanne d’Arc dans le 13e, un coin où je ne mets à peu près jamais les pieds. J’ai bien vu qu’il y avait un petit texte sous le nom de la sainte jeune fille. 