vendredi 14 mai 2010

400 ans, déjà !

Le 14 mai 1610, le moine Ravaillac assassinait le bon roi Henri IV rue de la Ferronnerie, à Paris.
Je ne me serais jamais souvenu de la date si je n’étais pas tombé ce soir, rue de la Ferronnerie, sur 5 forts belles gerbes de fleurs posées devant un pilier, sur lequel figure la plaque commémorant le tragique évènement. Dont une belle gerbe, dans les bleus, indiquant « Le président de la République », et une autre, aux beaux lys blancs odorants « SAR le duc de Vendôme chef de la maison des Bourbons ». Fi donc, me suis-je dit, tout ce tintouin a dû être rapporté par les gazettes. Que nenni ! Il a fallu que je tombe sur un site royaliste, visiblement peu argenté car je n’y ai accédé qu’après avoir contourné moult bannières publicitaires, et pop-ups en tous genres dont des sites de euh… charme. Ce site comporte quelques illustrations de l’évènement d’aujourd’hui, qui donnent à regretter de ne pas avoir été là en personne. Dont la photo ci-jointe du dit duc de Vendôme et de Son Altesse Royale le prince Gaston (c’est le bébé). Une photo visiblement prise à la main, voir en bas à gauche, on n'a plus les moyens d'antan depuis ce-que-vous-savez. La presse sans-culotte et régicide ne rapporte – évidemment – pas l’évènement qui a pourtant redonné, pour un instant, un peu de lustre à ce quartier quelque peu interlope.
On nous cache des choses, je ne vous dis que ça.

mercredi 12 mai 2010

Y'en a des qui n'ont vraiment rien à faire de la journée

En traînant sur le site du Monde, je tombe sur cet article : Tintin au Congo devant la justice belge. En deux mots, un procès est en cours pour obtenir "le retrait de la vente ou à défaut, l'ajout d'un avertissement" de cet œuvre de jeunesse d’Hergé. Bien sûr, cette bande dessinée est pleine de clichés totalement dépassés sur les congolais, mais peut-on imaginer sérieusement que des enfants tombant là-dessus puissent en tirer des enseignements durables sur la question de l’égalité des races ? Il va falloir revoir l’ensemble de la littérature mondiale depuis la nuit des temps pour en extirper toute trace de racisme, de misogynie, d’homophobie, de haine du voisin et de clichés de toutes sortes sur les personnes de petite taille, les roux et les habitants de Romorantin. Robison Crusoé devrait être précédé d’un avertissement sur ses clichés racistes envers les populations autochtones des îles du Pacifique chilien, Bécassine empeste de relents anti-bretons et anti-prolétaires insupportables et John Wayne a trop fait l’apologie du massacre des indiens d’Amérique pour que ses films soient autorisés aux moins de 18 ans. Enfin, il n’aura échappé à personne que Le Louvre est un musée dont les œuvres ne reflètent pas correctement la diversité de la société française, ce qui peut conduire des jeunes âmes impressionnables à entretenir des préjugés sur la capacité artistique des diverses composantes de la société. Que fait la justice ?
Heureusement qu’en Belgique d’autres cherchent à s’occuper sainement, comme le suggère cet autre article du Monde dont le titre fleure bon la littérature de gare « Scandale à Bruxelles-Midi !». Avec une bibliothèque pleine de Tintin, la vie dans la salle de contrôle aurait été moins monotone, sans qu’il soit besoin d’aller chercher de la lecture au kiosque d’en bas.

dimanche 9 mai 2010

Je me foutrais des baffes

J’ai eu pendant de nombreuses années, un matelas envers lequel je n’avais aucun grief. Seul problème, un matelas d‘une dizaine d’années, en société, ça ne pose pas. Je ne compte plus les gens qui ont doctement décidé qu’un matelas ça doit se changer « minimum tous les 5 ans », « tu peux pas imaginer comme un matelas se détériore avec le temps », « ils ont fait des progrès pas possible », « t’as vu le reportage sur les acariens ? », « tu vas voir de suite la différence ». Mon matelas avait été acheté il y a donc une dizaine d’années chez Conforama, au hasard, dans un rayon « bas de gamme », ou peut s’en faut. Rien à redire sur ce matelas, aucune récrimination, mais il avait 10 ans (je ne sais pas si j’ai été clair sur ce point). J’ai donc décidé d’être moderne et d’investir dans un matelas neuf (et cher aussi, tiens, histoire d’en mettre plein la vue à mes contemporains. Voilà). De nombreuses et longues recherches plus tard sur Internet, j’étais incollable sur les matières (naturel, synthétique, mousse, latex), les marques, les tailles, les tonique, confortable, ferme, très ferme, le pour et le contre la mémoire de forme, les points d’appui, bref j’étais un expert ès sciences du sommeil. Fort de ce savoir, je jette mon dévolu sur un matelas bien précis, livrable à domicile en 24h. J’aurais pu en trois clics me faire livrer la chose, mais j’ai préféré appeler la hot line d'un fournisseur bien connu, histoire de faire confirmer par un être humain la pertinence de mon choix. Au bout du fil, un jeune homme des plus professionnels à la voix suave quoi que juvénile (j’aurais dû me méfier) m’a félicité pour ma sélection. Mais il m’a aussi indiqué que mon choix était « ultra, ultra ferme » et que dans le même type de « produit » il aurait peut-être opté pour un matelas un poil plus confort, de plus 100% naturel, en latex de la jungle. Ce jeunot avait de suite repéré l’ami de la planète pour qui le suc d’hévéa 100% bio et la survie d’une tribu farouche veulent dire quelque chose. Bien sûr, il y avait un surplus par rapport à mon choix initial mais qui lésinerait pour un matelas cent pour cent NATUREL ? Bref, grand seigneur, j’achète le « produit ». Le dit produit est certainement tout ce qu’il y a de bon pour la planète, mais pas pour mon dos ni pour mon sommeil. Il est recouvert d’une espèce de machin cotonneux, plus mou au centre que sur les côtés, trop chaud l’hiver, il sera sans doute trop froid l’été. Première cerise sur le gâteau : tout à ma joie de goûter à une technologie de pointe, je n’ai rien eu de plus pressé que de balancer le carton d’emballage du précieux produit (pourtant échangeable jusqu’à 30 nuits d’essai). Deuxième cerise : une semaine après le judicieux conseil téléphonique, tout le stock de ce magnifique produit était soldé à -40% par mon aimable fournisseur.
Moralité : le premier indien d’Amazonie que je croise va prendre pour les autres (si j'ai pas trop mal au dos).

dimanche 25 avril 2010

lettre ouverte à Madame Vacances, 05200 Les Orres

Chère Madame Vacances,
Nous venons de passer une semaine de ski dans l’appartement 307 de votre Résidence « Le Balcon des Airelles » aux Orres (Hautes-Alpes), et je pense important de vous faire part de quelques observations. L’appartement était annoncé pour 8 personnes. Bien nous a pris de ne venir qu’à 6 car rien ne laissait présager que 3 des 8 personnes auraient dû dormir dans la pièce principale : sur le divan, sur un lit glissé sous le divan et sur un ingénieux fauteuil qui se déplie en petit lit. Trois personnes dans une petite « pièce à vivre » auraient laissé peu de place pour vivre, d’autant que la dite pièce ne comporte que quelques étagères, aucunement conçues pour contenir les vêtements et les bagages de 3 personnes. Le reste de l’appartement est conçu sur les mêmes principes : des pièces petites et un équipement insuffisant pour 8 personnes. Le summum est atteint dans la « chambre individuelle » que j’ai eu le bonheur d’utiliser durant 6 nuits : un cagibi sans fenêtre, d’environ 1m20 sur 2m50 (je vous laisse faire le calcul de la surface) et, pour plus de simplicité, sans aucun rangement. Voilà pour la conception de l’ « appartement 8 personnes ». Pour ce qui est de son équipement, quelques détails à relever : un tiers des appliques murales manquantes, des ampoules apparentes et grillées, un inventaire d’équipement de cuisine des plus minimalistes où manquaient des choses presque à chaque ligne (le record étant : zéro « mugs » au lieu des 8 annoncées, parfait pour un bon thé au retour des pistes). Les 2 salles de bains, logiquement conçues pour 4 personnes chacune, n’ont pas de porte-serviette autre qu’un radiateur chauffant, bien en peine de tenir 2 serviettes. Tout à fait idéal pour un séjour familial à la neige. Dans le même esprit de simplicité, les casiers à skis au sous-sol sont de taille identique pour tous les appartements, du studio aux appartements de 4, 6 ou 8 personnes. Cherchez l’erreur. Pour que le tableau soit complet, il faut bien mentionner la crasse de l’appartement, les lits équipés de matelas tâchés, les housses de coussins répugnantes et les tuyaux qui courent le long des murs des WC couverts de crasse velue.
L’aspect le plus magnifiquement innovant des appartements reste quand même la taille des lits : 70 cm de large pour tout le monde, petits et grands. Idée de génie ! Je ne savais pas que cette taille de lit existait, ou bien j’ai oublié car il y a longtemps que j’ai fêté mes 8 ans. En tout cas, après une bonne journée de ski, il y a peu de choses aussi bienvenues qu’une nuit en équilibre précaire au dessus d’un carrelage crasseux, sur un lit de 70cm avec une couette à peine plus large que l’on ne peut pas empêcher de glisser par terre car elle ne peut pas être bordée (il n'y a pas de petite économie). Avec Madame Vacances, l’aventure c’est jour et nuit. Je ne vous salue pas, Madame.
PS: je ne salue pas non plus Monsieur Vacances.

samedi 17 avril 2010

Les syndicalistes les plus cons du monde

Le trafic aérien est paralysé en Europe, et nos syndicalistes de la SNCF continuent benoîtement leur grève, en particulier dans le Sud-Est de la France. Pour défendre leur retraite, à n'en pas douter. J’espère que l’abus de pastis abrègera comme il se doit la retraite dont ces abrutis parasites fainéants alcooliques ils rêvaient en entrant à la SNCF. Oui, je suis un peu colère.

dimanche 11 avril 2010

Number 1, London

Très beau week-end à Londres, rendu, encore une fois, tout à fait exceptionnel par le séjour au Club dont le nom restera mystérieusement tu.
Une des découvertes de ce séjour est Apsley House, la demeure du Duc de Wellington, située juste au coin de Hyde Park, entourée d’une circulation intense. Cette demeure a longtemps été la première maison (enfin, maison digne de ce nom) que les visiteurs découvraient en entrant dans Londres après la barrière d’octroi, d’où son adresse : Number 1, London. Magnifique demeure, pleine de souvenirs du vainqueur de Waterloo. En particulier, de très beaux services de table et d’argenterie monumentale, que les rois et empereurs d’Europe ont offerts à Wellington, pour avoir fait disparaître la menace que Napoléon faisait planer sur leurs petites affaires familiales. Des pièces somptueuses pour les réceptions, en particuliers les banquets du 18 juin, anniversaire de la bataille de Waterloo, donnés par le Duc jusqu’à la fin de sa longue vie. Intéressant de noter que ce n’est pas une date que l’on a apprise à l’école. Une superbe collection de tableaux, beaucoup des têtes couronnées de l’époque, mais aussi de Napoléon et Joséphine et, surtout, des tableaux du Greco, Vélasquez et Rubens de la collection royale d’Espagne que Wellington avait récupérés après avoir vaincu Joseph, le frère que Napoléon avait nommé roi d’Espagne et qui s’était abondamment servi dans la collection des Bourbons d’Espagne. Les dits Bourbons ont remercié Wellington de son offre de leur rendre les tableaux, mais l’ont prié de les garder. Cela donne une idée de la trouille que Napoléon inspirait à nos aimables voisins.
La pièce maîtresse de la collection n’est pas le sabre de Waterloo ni le décor de table portugais en argent (un quintal ou deux, à vue de nez). C’est la statue de Napoléon par Cannova. Notre Corse rablé, colérique et probablement velu, qui mesurait 168,6 cm, y est représenté tel un athlétique dieu grec de 3m45 de hauteur, dans une magnifique et héroïque nudité, avec juste une petite feuille de vigne. La statue trône au pied de l’escalier monumental, que devaient monter tous les invités du Duc. Une très bonne façon de rendre hommage à l'immortel génie italien de la sculpture.

lundi 5 avril 2010

La publicité la plus é

M'inspirant de Philippe Meyer qui, dans son émission « La prochaine fois je vous le chanterai », décerne le prix de la chanson la plus «on» à des chefs d'oeuvre de ringardise, je décerne le prix de la publicité la plus ratée « é » à la Banque Postale. Il y a des milliers d’affiches dans toute la France avec un papillon bleu. Ce bleu fait plus ou moins penser à Butagaz, à un machin électrique. Apparemment le truc blanc sous le papillon est censé représenter une chrysalide (une quoi? se demande le bon peuple? Un bébé papillon. Ah bon ?). Au moins 99% des passants sont bien incapables d’associer cette bestiole et son truc blanc par terre avec la Banque Postale et encore moins le crédit à la consommation. Pourtant c’est bien une campagne de pub pour le crédit à la consommation de la Banque Postale. Qui a dû couter une fortune à concevoir et à déployer. Pourquoi un papillon ? Pourquoi bleu ? En quoi le client qui vient quémander un crédit pour s’acheter une machine à laver, une cafetière ou une tondeuse va-t-il se sentir concerné ?
Un pigeon, à mon avis, aurait été plus évocateur.