lundi 17 septembre 2007

Les tests ADN : une toute petite mesure de bon sens

Axel Kahn et Didier Sicard, anciens membres du Comité National d’Ethique signent dans Le Monde un article réfutant le recours aux tests ADN pour établir les liens familiaux des candidats à l’immigration.
Leur argument central est que les français refusent que la biologie serve à établir la filiation, et ceci devrait valoir pour les français comme pour les non-français. D’autant que entre 3 et 8% des enfants français de souche auraient un père biologique différent de celui de leur état-civil (on peut s’interroger sur la façon dont on a pu déterminer celà). Un autre argument qui porte est illustré par le cas d’une femme désirant rejoindre son époux avec trois enfants, dont un d'un père différent. Faudra-t-il que sa mère abandonne le « bâtard », partant avec seulement deux de ses enfants ? Ou bien qu'elle renonce à reconstruire sa famille ?
Ces raisonnements me semblent justes mais il est semble – à vérifier - que ces tests n’auraient rien d’obligatoire et ne seraient qu’un des moyens qu’une personne aurait de faire reconnaître ses liens de filiation, l’autre moyen (sans doute plus long et hasardeux dans certains pays) restant de produire des documents administratifs convaincants. La plupart des pays européens utilisent ces tests, et à partir du moment où ils restent facultatifs et clairement encadrés par la loi, je ne crois pas qu’il faille s’en indigner.

On doit par contre s’inquiéter du glissement vers une approche de plus en plus répressive de l’immigration, à coup de « petites mesures de bon sens », qui aboutira peu à peu à discrètement effacer des principes fondamentaux.

Même si je n’adhère pas totalement aux raisonnements d’Axel Kahn et Didier Sicard sur les tests ADN, je le rejoins quand même dans leur opposition. Venant d’un gouvernement qui cherche à faire passer comme « normal » un objectif de refoulés annuel digne le la Gestapo (25000 hommes, femmes et enfants, peut importent leurs cas particuliers ou leurs histoires individuelles), il me semble sain et logique de s’opposer à cette nouvelle petite mesure.

dimanche 16 septembre 2007

Techno parade 2007

Je suis tombé hier sur la techno parade et j’ai eu peur. Cette foule compacte de grands bébés en t-shirts m’a fait flipper. Pas moyen d’aller à contre-courant de cette marée hallucinée qui avançait sur le Sébasto. Le vacarme de la musique était totalement assourdissant, pas moyen de s’entendre ; une foule en non-communication totale. J’étais aux Halles, que je connais plus que bien, à toute heure du jour et de la nuit et en toutes saisons et où rien ne m’étonne. Mais là, j’ai eu l’impression que le quartier venait d’être envahi par une armée de grands enfants extra-terrestres, plutôt jolis en général, sentant le Yop à la fraise et la bière, en pilotage automatique, sourds et muets.

Je crois bien que j’ai passé hier le cap de la vieux-connitude.
Mort aux jeunes et vivent les vieilles chanteuses à texte !



mercredi 12 septembre 2007

Aujourd'hui: rien

Aujourd’hui 12 Septembre 2007,

Le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a reçu une vingtaine de préfets. Conformément à la demande du président Nicolas Sarkozy, le ministre a fixé comme objectif l'expulsion de 25.000 sans-papiers d'ici la fin de l'année (Le Monde).

Jean-Marie Le Pen a été auditionné par la commission Balladur sur la réforme des institutions. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen, que Jacques Chirac comme François Mitterrand refusaient de rencontrer, est de nouveau invité dans les palais officiels. Il a été reçu à deux reprises par le nouveau président. (Associated Press).

samedi 8 septembre 2007

Marseille: ce qu'il faut savoir

Il est temps de pimenter un peu ce blog, cherchons les emmerdes.

Je suis allé jeudi soir à Marseille, en train. Plus d’une heure de retard à cause d’incendies sur la voie. Rien à dire, les TGV c’est fantastique, ils n’y peuvent rien s’il y a des incendies, la sécurité de la clientèle passe avant tout. Bien. Arrivée à Marseille Saint Charles, en travaux, comme toujours, direction les taxis (ben quoi, il est 22 heures, je le vaux bien), dans sous-sol merdeux puant l’essence. Une petite queue de 5-6 personnes, pas un taxi en vue. Je patiente 2 minutes sous les néons blafards, rien du tout à l’horizon, rien que le silence. Je me dis « ah ! mais il y a le métro à Marseille. Je vais au Vieux-Port, c’est sûr qu’il y a une station là-bas ». J’abandonne la file d’attente et reviens sur mes pas en suivant les indications « Métro » dans le chantier susnommé. Je tombe sur un bout de chantier grillagé avec ce qui semble être un escalator et un grand rideau de fer tiré sous le panneau « Métro ». J’avise un mec crasseux qui glande par là avec un brassard « Sécurité » qui me dit « ah oui, il est fermé le métro ». La 2ème ville de France ferme son métro à 21 heures ! On est chez les fous !
Je retourne à la file d’attente des taxis, là c’est l’émeute. Depuis que je l’ai quittée une vingtaine de personnes de tous poils se sont agglutinés, il n’y a plus de file mais un magma de gens plus ou moins excités, et pas de taxi en vue. Un énergumène bedonnant au T-shirt plein de taches se met à agiter son portable en gueulant « il y a 7 taxis qui arrivent en haut au Novotel ». Des crétins se précipitent ; pour ma part je m’interroge « Qui est ce mec ? il a l’air débile léger, est-ce donc un employé de la gare ? un fou ? un chauffeur de taxi ? ».

Dans le bordel ambiant je me dis finalement que je n’ai rien à perdre à attendre dans ce coupe-gorge et je remonte donc, digne comme un prince, dans le merdier la gare à la recherche du Novotel. Je le trouve tant bien que mal. Il y a là des bagnoles garées n’importe comment, des taxis avec des mecs patibulaires qui discutent entre eux. Rien de clair, on ne sait pas s’ils sont les chauffeurs des taxis, s’ils ont volées les bagnoles, ou s’ils gardent le taxi à leur pote pendant qu’il fait la sieste. Pas évident de savoir s’ils sont libres, ou occupés, eux ils parlent entre eux, ils ont l’air de s’en foutre complètement. Les clients en détresse se refilent des numéros de taxi-radios qui demandent (quand ils décrochent !) de rappeler dans 10 minutes. Arrive poussivement un taxi dont le chauffeur est un vieil abruti avec des lunettes de soleil énormes (il est maintenant 23 heures) et une grosse perruque à la Elvis, les pattes d’eph, et tout, l’air très content de lui, ce crétin, sûr de son effet. Il prend en charge un mec qui avait soi-disant réservé par téléphone et disparaît dans la nuit avant que j’ai pu lui dire son fait, à cet abruti.
Je fais causette avé une dame du cru qui me dit qu’elle n’a jamais vu ça. On rigole entre naufragés, l’ambiance est bon enfant, mais quand même ça commence à faire long. Je finis par avoir un radio-taxi, une bagnole arrive, je la partage avec un mec qui va à un congrès du MEDEF (il a cru que j’y allais aussi, je me dis : « c’est tout bon, coco, t’as le look ! »). Nous descendons tant bien que mal à travers la circulation désordonnée, les travaux, les paumés qui traversent n’importe comment. Je le laisse le Monsieur du MEDEF payer le taxi (normal), je dépose mon sac à l’hôtel et je sors chercher de quoi bouffer. J’hésite entre des kebabs douteux et des sandwiches qui ne le sont pas moins, et je me rabats sur le Quick du Vieux-Port. Tant qu’à passer une soirée d’abruti, faisons la totale. J’essaie (quand on est au fond, autant se lâcher) le Michalak Burger : de la bidoche trop cuite avec un fromage genre Vache Qui Rit mais en plus épais, dégueu à souhait. Je rentre vers l’hôtel en flânant dans les rues qui sentent la pisse, où glissent des épaves plus ou moins alcoolisées, et foncent des bagnoles déglinguées.

Je pense à Beyrouth et je me dis que j’aurais peut-être dû aller voir Caramel, lorsque j’avise des bornes style Vélib’ (en chantier, bien sûr). Et là je me mets à imaginer la circulation des Vélib’ dans ce merdier de bagnoles, de chantiers à moitié abandonnés, de ruelles sordides et de tarés en tous genres. Ca va être du grand fun !

« Bon, et sinon, vous en pensez quoi, vous, de Marseille ? » me demande le chauffeur de taxi qui me ramène à la gare le lendemain soir, après m’avoir déversé ses torrents de bile sur la Cité Phocéenne, sa mairie impotente, ses embouteillages, ses incivilités, ses flics désabusés, sa violence (et pour finir, mais je le voyais arriver depuis le début, ses arabes et ses noirs). Moi : « oh, il y a du bon et du moins bon à Marseille. En tout cas c’est une ville qui a du caractère ». Lui, un peu surpris, mais pensant à son pourboire « ah, oui, c’est vrai ». Il a dû se dire que les Parisiens sont tous des fêlés, mais qu’importe. L’essentiel est surtout de ne pas encourager le Marseillais à quitter sa ville.

Bon, et sinon, vous en pensez quoi, vous, de Marseille ?

mercredi 5 septembre 2007

Blanc

Je ne suis pas trop inspiré en ce moment, mais je veux quand même vous dire que je pense à vous, immense multitude de lecteurs et lecteuses. Voici donc, pour vous reposer les yeux entre deux blogs, que je vous offre ce blanc. Si, si, ça me fait plaisirEt maintenant, allez en paix.

lundi 3 septembre 2007

Le fils de l'épicier

Je sais, je sais, j’ai le chic pour parler de livres sortis il y a des années et de films que tout le monde a déjà vus. Dans cette veine, voici « Le fils de l’épicier », sur les écrans depuis déjà 3 semaines. On m’avait dit qu’il n’y en avait pas grand-chose à attendre, ce fut donc une bonne surprise.
Evidemment, comme tous les films, bouquins, morceaux de musique, etc… il y a des circonstances où l’on est sera touché alors que son voisin, parce qu’il est dans un tout autre état d’esprit, ou qu’il n’aura pas digéré le chili con carne de midi s’ennuiera ferme. Je peux deviner les raisons qui m’ont fait l’apprécier autant, mais cela n’a d’intérêt que pour moi.
Je dirai simplement que j’ai beaucoup aimé ce film parce qu’il n’ a rien de lourd ou de facile. On oscille toujours entre des contraires : l’enfer familial / le bonheur familial, la campagne idyllique / les coins paumés où l’on s’emmerde à mourir, les petits vieux totalement largués / les vieilles dames indignes à qui on ne la fait pas, le comique / le pathétique, le bonheur est dans le pré / le cauchemar des petits bleds, etc… Lorsqu’on pense verser dans un cliché, on se trompe (presque) à chaque fois.
Les acteurs sont bons, des premiers rôles aux rôles secondaires (la géniale Lucienne, les petits vieux qui n’ont l’air de rien mais qui en sortent de bien bonnes, le copain épicier arabe, etc…).

Je n’aime pas que l’on me raconte les films, je ne raconterai pas celui-là, mais je vous encourage fortement à aller le voir. Il ne va pas rester 3 semaines de plus à l’affiche…

dimanche 2 septembre 2007

Vélib' : vigilance !

Dans la série « Vélib’ c’est génial mais soyons quand même vigilants » cette petite anecdote.
Etant à Montmartre, j’ai essayé de retirer le seul Vélib’ disponible dans une station avec ma carte Navigo. Le voyant passe du vert à l’orange, et j’entends le petit « clic » qui veut dire « a y est ! tu peux me prendre ! ». Je tire sur le vélo, ça coince, et, paf ! le voyant repasse au rouge. Tout coincé. J’attends un peu, toujours rouge, et pas d’autre vélo à la station. Pas grave, je vais à la suivante. Galère pour trouver, un samedi midi à Montmartre une station avec des vélos: tous les Vélib’ ont descendu les pentes depuis belle lurette. J’arrive à grand-peine place Clichy, deux Vélib’ disponibles, mais ma carte fait passer les voyants du vert au rouge. Rien à faire, on m’interdit de prendre un Vélib’ ! Scandale !
Je cherche sur la borne le numéro d’appel, l'écran de la borne me dit que je suis en train d’utiliser un Vélib ‘ et que donc elle ne peut m’en donner un autre…
Gasp ! J’appelle le numéro en question et je tombe sur un menu qui m’annonce 5 minutes d’attente. Gnééé…. Voilà que passe un bus qui me rapproche de chez moi, je saute dedans, toujours avec le téléphone à l’oreille à écouter la musique d’attente Vélib’. Une dame, aimable, finit par décrocher. Bien sûr je n’ai pas mon numéro d’abonné sur moi, mais elle me trouve quand même dans son fichier. Pour résumer, elle me dit que si, si, j’ai un Vélib’ en cours d’utilisation. Après 5 minutes d’explications peu amènes elle finit par m’expliquer que le vélo coincé à la borne est sans doute la cause du malentendu. Mais c’est pas compliqué à résoudre : il suffit que je lui donne 3 informations : le numéro de la borne, le numéro du vélo et le numéro du point d’attache. Je gueule comme un putois car je suis dans un bus qui roule à vive allure vers une direction totalement opposée. Rien à faire, la dame compatit, mais le système ne veut rien savoir. Je descends du bus sans bien savoir où je suis, toutes les rues que j’ai pris avec lui étant en sens unique (descendant de Montmartre vers les bords de Seine), je dois remonter tout ça à pied....
La balade me prend une bonne demi-heure (c’est que, des fois, les bus vont super vite grâce aux couloirs, merci Bertrand). J’arrive finalement à la borne, le vélo est toujours là, tout seul avec son voyant rouge à pleurer. J’appelle. Encore 5 petites minutes de musique d’attente et un Monsieur Vélib’ me règle le problème (sans pour autant réussir à décoincer le vélo ni à me trouver un Vélib’ libre dans un périmètre humainement pratiquable…). Je retourne en maugréant vers la mythique place Clichy où je récupère enfin le Vélib’ du bonheur qui me redescend vers des parages moins hostiles.
Moralité : si un Vélib’ est coincé après que vous ayez passé votre passe Navigo, ou pour tout autre truc bizarre, ne quittez pas les lieux en imaginant que l’ordinateur a compris ce qui vous arrive. Appelez Vélib’ sur le champ !!!! (Tél 0130797930).