samedi 6 octobre 2007

Les maraBOUH ! de Kampala

Je n’avais jamais vu de marabouts pour de vrai. J’ai été servi.

Arrivé à Kampala après avoir cru mourir 20 fois dans une collision homérique pour cause de travaux sur la route de l’aéroport (on attend la reine Elisabeth sous peu, alors on retape tout ce qu’elle pourrait voir, à la va-vite), je m’émerveillais d’être encore en vie de voir de grands oiseaux noirs qui tournaient lentement, très haut dans le ciel. Ils volaient en grands cercles, tranquillement, en planant sans un mouvement d’ailes. Ils avaient l’air bien grands pour des vautours. Quand ils descendaient un peu on aurait pu croire des cigognes à cause de leur plumage noir et blanc, et de leurs longues pattes. Là où les choses se sont gâtées c’est quand j’en ai croisé, à pied, au détour d’un bosquet, une bande de 7 ou 8 qui arpentait une pelouse bien pelée. Oh my God, qu’est ce que c’est que ces monstres ? Oh, mais c’est des marabouts, comme dans les livres !!!!. Ce que les livres ne disent pas bien c’est que les marabouts sont de grosses bêtes, hautes comme des gamins de 12 ans. De près ils sont vraiment flippants, à cause de leur bec long et costaud, qui est une arme épouvantable. Les plus vieux ont l’air particulièrement torve, avec leurs crânes pelés, leur plumage grisâtres et leur long jabot rose qui leur pendouille sous le cou. Ils ont des airs de charognards des plus désagréables. Point positif, ils n’étaient pas agressifs, et il n’était pas évident de savoir qui d’entre eux ou moi était le plus angoissé. Je me suis gentiment éloigné, les laissant à leurs petites affaires, ils se sont aussi un peu écartés, tout le monde est resté digne, personne n’a perdu la face.





Il n’y a pas à dire je n’aime vraiment pas les oiseaux. Ils m’ont toujours fait peur. Les pigeons, les poules, les corbeaux me donnent froid dans le dos, leur regard fixe et inexpressif m’angoisse. Même les jolis poussins jaunes ou les petits canards m’inquiètent, ils me font penser à la mort. Ca doit remonter à la fois où l’on m’a offert un oiseau dans sa cage, je devais avoir 8 ou 9 ans. Dés le début, j’ai eu peur qu’il ne meure. Il faut dire qu’avec moi, même à cet âge précoce, les oiseaux avaient toujours mal fini. Il s’agissait de moineaux avec une aile cassée ou d’oisillons tombés du nid, tout pelés et piaillards, que j’essayais de faire grandir en leur faisant bouffer du pain trempé dans du lait. Le succès n’a jamais été au rendez-vous… Je me levais donc tous les matins en craignant de trouver mon oiseau mort au fond de sa cage. Ca n’a, évidemment, pas loupé. Et je ne m’en suis jamais remis. Je crois que les marabouts de Kampala ont senti de suite que ça ne collait pas entre nous. Ce sont des bêtes bien perspicaces.

samedi 29 septembre 2007

Cent balles

De passage à Genève, j’ai été surpris d’entendre un type dire à un autre « ce truc-là, ça vaut dans les 100 balles ». C’est vrai que les Suisses utilisent toujours les francs…
Nous autres, nous utilisons l’Euro depuis janvier 2002 mais nous n’avons toujours pas de mot d’argot pour désigner cette devise. Il y a toujours « quid » pour livre sterling et « buck » pour dollar, il y avait « pelas » pour pesetas et sûrement l’équivalent pour le Deutsche Mark, la lire, l’escudo et le florin, mais encore rien pour l’Euro.
Il sera intéressant de voir combien de temps cela prendra et si chaque pays trouvera son mot d’argot ou si un terme pan-européen apparaîtra. Il faudrait que ce mot sonne bien dans toutes les langues européennes, qu’il ait un côté marrant et un peu vulgaire à la fois. J’ai bien pensé à un mot qui remplit ces conditions: « sarko». Mais je ne sais pas s’il est appelé à un grand avenir.

vendredi 28 septembre 2007

Martine (pourquoi se compliquer la vie?)

Voilà un post pas bien sophistiqué au niveau de la recherche et de l'inventivité mais qui montre que je sais utiliser les facilités que permettent les techniques modernes (le linecage, c'est comme ça que ça s'appelle, je crois) : un post sur les sites des couvertures de Martine détournées.
Je crois comprendre que l'inventeur de l'idée est un Monsieur Tremechan qui sévit sur les albums de Oui-Oui, mais les couvertures détournées les plus gratinées semblent provenir d'autres sources. Voici donc un exemple de ce qu'on fait de relativement familial:

Pour des choses un peu plus poivrées, voir ce site, par exemple. Rien à craindre: si j'ai bien compris, les couvertures sont d'origine, seuls les titres sont modifiés, on respire... Ce même site semble avoir plein d'autres trucs assez rigolos du genre "Top 10 des questions à ne jamais poser à un breton". De qualité assez inégale certes, mais bon, y'a pas que la crème qui bloggue de nos jours, hein ?

lundi 24 septembre 2007

La galerie Doria Pamphilij

Dimanche après-midi à traîner dans Rome, le centre-ville interdit aux voitures, mais accueillant bien volontiers des milliers de touristes en file indienne, oreillette bien vissée pour ne pas perdre une miette des commentaires du guide. La ville silencieuse, les familles déjeunent en terrasse au restaurant, les chats se baladent dans les ruelles.
Passé un très long moment à la galerie Doria Pamphilij, endroit d’un calme absolu, l’entrée à 8 Euros décourageant sans doute les groupes les plus soucieux du meilleur rapport quantité-prix. Il s’agit du palais d’une famille qui eut son heure de gloire quand l’un des siens devint pape, Innocent X, immortalisé par le portrait de Vélasquez qui inspira Francis Bacon. La famille vit encore dans les murs. On entre au premier étage du bâtiment par une vaste salle aux très hauts plafonds, aux murs presque totalement couverts de toiles, suivie par une salle dont les murs sont recouverts de tissus de velours grenat, avant d’arriver dans une salle de bal 19ème aux murs dorés qui communique par un côté avec une superbe chapelle familiale qui compte non pas une, mais deux reliques (cadavres) de saints. On est une famille avec laquelle il faut compter, ou pas. On entre ensuite dans une galerie carrée où des centaines de tableaux de toutes sortes, du 15ème au 18ème siècle couvrent les murs pratiquement du sol aux plafonds. Il y a quelques Breughel, des Caravage (dont l'exceptionnel Repos après la fuite en Egypte, une Madeleine pénitente et une copie du Saint Jean Baptiste du Capitole), des Le Lorrain, Lippi, Tintoret, etc…. Le soleil rentre de biais par les fenêtres qui donnent sur une immense cour intérieure. Les plafonds sont peints de très beaux trompe-l’œil qui donnent l’illusion de bas-reliefs en marbre gris, ou, ailleurs, dans un style très coloré inspiré de la Rome antique. Une salle en contrebas est consacrée aux sculptures, un capharnaüm de pièces de toutes taille, de toute époque, avec une forte proportion de bustes antiques. Très beau centaure au buste de marbre rouge et au corps de marbre blanc. Le portrait d’Innocent X attend dans une petite pièce, flanqué d’un buste du même personnage en marbre blanc sur un piédestal. Dans un ensemble totalement statique, le regard du portrait est, effectivement saisissant.
Le commentaire par audiophone de la visite est assuré par le propriétaire des lieux au ton tout à fait aristocratique. Le français absolument parfait sans aucun accent est peut-être assuré par un traducteur, mais il est parfait pour mettre dans l’ambiance de l’endroit. Quelques anecdotes « familiales » épicent la visite audio, dont une affaire de partie de patins à roulette sur les sols carrelés entretenus à la cire d’abeille et la définition de l’origine du mot « népotisme » : le Pape Clément VIII avait nommé cardinal son neveu Pietro Aldobrandini, qui devint, du coup « cardinal neveu » (« cardinal nepote » en italien). Comme il profita abondamment de sa charge, le terme est passé à la postérité dans les langues latines (nepotismo, népotisme) pour signifier ce que nous savons. Voilà qui récompense d’avoir lu ce billet jusqu’au bout, non ?

samedi 22 septembre 2007

Jojoba et cachalot

Le post sur le jujube m’a valu un très abondant courrier de fans qui me demandent la différence entre jujube et jojoba.

Le jojoba ou Simmondsia chinensis est un fruit originaire du Mexique qui ne se mange pas, mais est cultivé pour ses graines, ou « amandes » dont on extrait une huile. Cette huile est utilisée en particulier en cosmétique, pour aider au tartinage de toutes sortes de substances censées retarder des ans l’irréparable outrage (balivernes, mais c’est un autre sujet).
L’huile de jojoba a trouvé tout son intérêt partir des années 1970 lorsque, pour éviter l’extermination des cachalots, l’utilisation du « blanc de baleine » fut interdit. Le blanc de baleine, (appelé encore spermacéti) comme chacun le sait, était utilisé surtout en cosmétique mais aussi dans le domaine des lubrifiants (grâce à sa forte viscosité). Le spermacéti est une poche de plusieurs tonnes de matières grasses, située dans le crâne des cachalots (sperm whale en anglais). On a longtemps cru que cette abondante matière servait à la fabrication de bébés cachalots (d’où son nom), mais il n’en est rien.

Son intérêt pour la cachalot est que la densité du spermacéti augmente au fur et à mesure que la température diminue. Le cachalot descend dans les profondeurs abyssales en faisant un beau canard, tête bourrée de 5 tonnes de spermacéti en avant. Au fur et à mesure qu’il descend, la température de l’eau diminue, le spermacéti se densifie entraînant l’animal de plus en plus profond, sans effort (pas con, le cachalot). Lorsqu’il veut remonter à la surface, le cachalot réchauffe le spermacéti en augmentant la circulation sanguine, ceci rend le spermacéti moins dense et le cachalot remonte à la surface. L’ingéniosité du procédé me laisse totalement coi.
Je sais bien qu’un certain nombre de mes lecteurs sont jeunes et facétieux et aiment l’humour quelque peu potache. Je ne serais donc pas étonné que toutes ces histoires de spermacéti et de lubrifiant ne leur donnent des idées. Pour leur faire plaisir, permettez moi d’ajouter que le nom savant du jujube (pas le jojoba, hein?) est Ziziphus zizyphus. Poilant, non ?

jeudi 20 septembre 2007

Le jujube

A la demande de ma cousine qu’elle a un super beau blog de cuisine, j’ai entamé des recherches sur le jujube. La question étant ; « j’ai acheté des jujubes, comment puis-je m’en servir en cuisine ?». Je n’ai jamais vu de jujube de ma vie, je me suis demandé si le nom anglais n’était pas « jojoba » comme dans « shampooing revitalisant au jojoba » ou « masque de beauté au jojoba survitaminé »..
Après 5 minutes sur le Web de longs travaux d’investigation, je suis en mesure de résumer ainsi la situation : le jujube aussi appelé « datte chinoise » est un petit fruit produit par le jujubier qui est un arbre tropical qui ne craint pas le gel (d’où son implantation dans le Sud de la France). Le fruit jeune, à noyau dur comme celui d’une olive, est vert et a le goût et la consistance de la pomme, puis en mûrissant celui de la datte (datte chinoise, vous vous souvenez ?). On l’utilise en tisane pour ses propriétés « pectorales » (contre la toux, les laryngites, etc… Comme une pastille Valda, quoi). Pour ce qui concerne son utilisation gastronomique, les meilleurs auteurs parlent de « friandises à base de jujube ». Effectivement, on trouve une recette de « jujube cake » ou de « candied jujube » dans de vieux grimoires pré-colombiens. J’ai aussi découvert après bien des difficultés que le jujube se déguste en Chine nature, séché (voir appétissante photo ci-dessous) ou encore fumé. D’aucuns le préparent aussi sous forme de vin (on s’en pourlèche les babines).
La même source nous dit que la senteur du jujube est réputée pour attirer le sexe opposé, d’où son utilisation comme ornement de chapeau dans certaines régions de l’Himalaya. Vous voilà prévenu(e)s.
L’utilisation culinaire du jujube semble être un mystère pour beaucoup de gens. M’est avis que ça doit être une belle saloperie que c’te fruit-là (comme dirait le génial Régis Mailhot).

Je te souhaite bien du plaisir, ma cousine, avec tes jujubes.
PS : je suis hélas, hélas, pris ce dimanche pour déjeuner.

mercredi 19 septembre 2007

Régis Mailhot sur France Inter

J’ai récemment arrêté d’écouter Europe 1 la matin car le nom de Not’Bon Président revenait vraiment trop souvent. Je suis revenu sur France Inter, un rythme plus posé, moins clinquant qu’Europe 1, mais où un meilleur équilibre semble exister entre les archéo-gauchos historiques et les néo-valets-du-régime.

Tout allait bien jusqu’à ce que je tombe sur la chronique de Régis Mailhot à7h53 (le Monsieur ci-dessous qui ressemble à Edouard Baer, mais n'est clairement pas Edouard Baer !) .
C’est LA chronique radio à ne pas rater en ce moment. Le Monsieur a un débit mal assuré, un ton de voix qui imite mal celui de Nicolas Canteloup (sur Europe 1, mais quel talent !), et surtout une vulgarité rarement entendue en dehors de Fun Radio. On sent qu’il a beaucoup écouté Coluche, mais il n’a clairement pas saisi la différence (chère au disparu) qu’il y a entre grossièreté et vulgarité. C'est du très mauvais monologue de café du commerce. Il faut vraiment profiter d’un tel niveau de nullité avant qu’il ne soit débarqué. Il n’est qu’à entendre le silence de Nicolas Demorand quand la chronique est terminée pour imaginer la consternation qui doit régner dans le studio. La chose n’est pour vous qu’à un clic de souris. Sinon, rendez-vous demain matin à 7h53 sur France Inter, c'est du brutal.