samedi 15 mars 2014

Jacques a dit, une ânerie

Je suis tombé – vraiment – par hasard l'autre soir sur l'émission de Thierry Ardisson « Salut les terriens ». D'ordinaire, je zappe direct, mais, là, je vois la tête de Jacques Attali et me dis « Tiens ? Que fait-il là, dans une émission pareille? ». Et je tombe en pleine péroraison sur l'Ukraine, au moment où Attali explique l'intérêt d'Obama pour l'Ukraine en faisant le lien avec le film « The deer hunter » (Voyage au bout de l'enfer). C'est à 22:30 sur la vidéo de l'émission. Il affirme mordicus que le début du film montre un mariage ukrainien à Chicago. Chicago étant la ville d'Obama, « c'est tout simple » dit maître Jacques, péremptoire, tout s'explique de façon lumineuse. Respect total dans la salle et on repasse aux autres imbéciles sur le plateau. Cette affaire me turlupine depuis quelques jours, je me souvenais d'un mariage russe orthodoxe en Pennsylvanie, pas du tout d'un mariage ukrainien à Chicago. Je suis allé vérifier et ma mémoire était exacte. Jacques a dit une énorme ânerie, avec un aplomb qui ne l'est pas moins, énorme.

lundi 10 mars 2014

Le printemps syrien

Au beau milieu d'un article du Huffington Post intitulé "Syrie: cinq faits terrifiants sur l'état désastreux du système de soins après trois ans de guerre", et dans un paragraphe intitulé "Des conditions de travail effroyables" ce bandeau publicitaire: "Un bouquet sur la peau. Le printemps semble être arrivé avant l'heure au 30 Avenue Montaigne. Découvrez aujourd'hui Miss Dior Blooming Bouquet, une fragrance florale embaumant comme un bouquet de mille fleurs. Sponsorisé par Dior". 
Les conditions de travail effroyables au 30 Avenue Montaigne, on ne s'en indigne pas assez, je trouve.

mercredi 5 mars 2014

Révélations

Patrick Buisson est totalement carbonisé* après la révélation de ses enregistrements clandestins. Il a magnifiquement révélé ses qualités humaines et sa hauteur de vues. C'est très bien. Mais il n'y a pas de vrai scoop, nous dit-on, dans ces enregistrements. On est injuste : il y a quand même une révélation. Globalement, Sarkozy semble parler un français assez correct, sans grossièretés, ni invectives, il semble même poli dans l'intimité. 
Je l'imaginais assez bien comme Nixon, qui utilisait tellement de « fuck » de « shit », de « bullshit » et de
grossièretés diverses, que les transcripteurs des enregistrement du Watergate ont dû utiliser l'expression « expletive deleted » pour masquer ces horreurs pratiquement à chaque phrase, quand ce n'était pas plusieurs fois dans une seule phrase. Finalement, Sarkozy qui se rêvait en Kennedy n'arrive donc même pas au niveau de Nixon. Je ne suis pas injuste, là, si ?
* Trait d'esprit

samedi 22 février 2014

Ils sont vraiment très, très, forts

Un nouveau film israélien, «Bethléem», est à l'affiche, je me précipite, d'autant que l’œuvre
en question a été largement primée. C'est l'histoire d'un jeune palestinien qui travaille pour les services secrets israéliens et est tiraillé entre sa famille, ses amis, et sa vie d'agent double. Tout au long du film, qui n'est pas mauvais, j'ai eu une bizarre impression de déjà vu. Des scènes de galopade dans les collines arides, les villages palestiniens où Tsahal déboule en crissant des pneus, les jets de pierre, les mères éplorées, les salons vides avec les sièges recouverts de housses en plastique, les kalachnikovs, les barbus rébarbatifs, etc., etc. Tout ça me disait quelque chose. Ce n'est qu'à la toute fin que m'est revenu le souvenir d'un autre film israélien, lui aussi tourné dans les territoires palestiniens, « Omar » avec grosso modo la même histoire et la même fin, tourné, comme « Bethléem » en 2013. Du coup me sont aussi revenus en mémoire deux autres films israéliens jumeaux parlant d'une histoire d'amour gay impossible entre un jeune israélien et un jeune palestinien: « The Bubble » en 2006, et sa copie quasi fidèle « Alata » en 2012. Tous ces films sont soutenus par le « Israël Film Fund ». Ce fonds a permis le tournage et la promotion de très bons films comme « La fanfare » ou «  Danse avec Bachir ». Globalement, il finance des films intéressants dans lesquels les israéliens n'ont pas forcément le beau rôle, ce qui est plutôt courageux pour un fonds dont la finalité est, à n'en pas douter, de promouvoir l'image d’Israël à l'étranger. 
Dans le cas des films jumeaux Omar/Bethléem et The Bubble/Alata, deux explications possibles: soit une négligence des décideurs du fonds qui n'ont pas vu qu'ils finançaient deux fois le même film, soit, ils ont trop bien compris que la répétition est la base de la pédagogie. Complotistes de tout poil, qu'en pensez-vous? 

samedi 1 février 2014

Addis-Abeba, le Musée ethnologique

Très peu d'information est disponible sur le Web concernant le Musée ethnologique d’Addis-Abeba (Addis Ababa Ethnological Museum). C'est dommage car il est situé dans le très beau parc de l'Université, très aéré et planté de grands arbres. Et dans un ancien palais de Hailé Sélassié, comme vous le savez. La muséographie est des plus sommaires, les vitrines sont sombres, souvent encombrées d'objets, et avec des explications des plus sommaires. L'idée semble être d'encourager le chaland à prendre un guide, pas bête ! Le plus grand intérêt de ce petit musée est de montrer la variété des croyances, coutumes et cultures de ce que je pensais être un pays très homogène. Que nenni ! Il y a de tout en Éthiopie, y compris au niveau religieux. Les chrétiens éthiopiens orthodoxes représentent un peu moins de la moitié des habitants, le reste se répartit entre musulmans (33%), diverses obédiences chrétiennes et animistes, il ne reste presque plus de juifs depuis que la plupart des falashas ont émigré en Israël. Outre la chambre et les salles de bains de M. et Mme Sélassié, le musée abrite une très intéressante collection d'art religieux, ainsi qu'un lion empaillé qui n'est plus de première fraicheur, et sur lequel les guides ont mille et une explications toutes plus ébouriffantes les unes que les autres. Devant le musée, un étrange escalier ne mène nulle part, si ce n'est à quelque mètres de hauteur le long d'un mât où flotte un drapeau. Il a été bâti par les italiens pendant leur occupation de l'Ethiopie (extrêmement sanglante cette occupation, qui l'eut cru, de la part de nos aimables cousins transalpins?). Chaque marche représente une année de fascisme depuis la marche sur Rome en 1922. Sur la dernière marche, un lion de Juda, symbole de l’Éthiopie, a été ajouté après la guerre. Histoire de régler un peu les comptes, non mais. 










jeudi 23 janvier 2014

Addis-Abeba, la salle de bains d’Hailé Sélassié

La visite du Musée ethnologique d’Addis-Abeba (Addis Ababa Ethnological Museum) vaut le détour. Nous y reviendrons. Le musée est situé dans un ancien palais de l’empereur Hailé Sélassié I, qu’il a habité jusqu’en 1960. A la fin de la visite du musée proprement dit, le visiteur est invité à passer par la chambre et la salle de bains  de l’empereur. Pas « les appartements impériaux », non, non, « la chambre et la salle de bains ». Soit, se dit le visiteur. Un personnage aussi fabuleusement mythique qu’Hailé Sélassié, Empereur d’Ethiopie, monarque absolu de droit divin, Roi des rois, descendant de la reine de Saba et du roi Salomon, ça doit vivre dans un luxe inouï. Des robinets en or au minimum. Et voilà en photos ci-dessous, le luxe fabuleux dans lequel le Négus et sa fort belle épouse, l’impératrice Menen Asfaw (1911-1962) réalisaient leurs ablutions. Tout à fait comme la salle de bains de mes grands-parents, dans le Lot, dans les années 1960. Et je ne crois pas que nous descendions de la reine de Saba. 
Chez les Sélassié, chacun a sa salle de bains, rose pour l’impératrice, bleue pour l’empereur. Détail piquant, le bidet est dans la salle de bains du Négus. L’impératrice, femme parfaite à tous égards n’en avait certainement pas l’usage, cela va sans dire.

 La salle de bains de l'Empereur
  La salle de bains de l'Empereur (suite)
  La salle de bains de l'Impératrice
   La salle de bains de l'Impératrice (détail)
 
Et enfin, l’impératrice Menen Asfaw (1911-1962)

dimanche 5 janvier 2014

La colline du printemps

Retour en Israël 18 mois plus tard. Je n'ai pas été aussi frappé que je m'y attendais par la différence avec un séjour en été. Bien sûr, comme dans tous les pays méditerranéens, les appartements sont mal isolés, le froid pénètre vite, mais on se débrouille sans grand problème. Je continue à adorer Jérusalem, même si ce n'est pas l'endroit le plus plaisant du monde. Comme toujours en Israël, on y trouve tout et son contraire, le plus beau et le plus moche, le plus plaisant et le plus irritant. Il ne faut pas se laisser énerver par les marchands de saloperies touristiques de la Vieille Ville. Ils ne font que perpétuer la tradition multi-millénaire des marchands du Temple qui guettent le pigeon-pélerin. Ne pas non plus se laisser attrister par tous ces gens qui tirent la gueule mieux que des parisiens dans le métro, ni par les vieux cons qui pullulent, sans doute dans l'attente de mourir ici pour être les premiers dans la file d'attente du Jugement Dernier. Tout ça n'est pas grave, je continue à aimer la beauté de la Vieille Ville, la modernité et la diversité de l'autre, et à être fasciné par la place de ce lieu dans l'histoire, dans les mythes, les religions et dans l'actualité. Le Mur, le Mont des Oliviers et l'église du Saint Sépulcre continuent à me fasciner, je ne me lasse pas d'y retourner. J'ai découvert cette fois-ci le minuscule musée d'art juif italien. Un petit bijou de classe et de simplicité. Si Eliezer Ben Yehuda avait été italien, l'hébreu moderne aurait-il été une langue mélodieuse plutôt que germanique? Les Israéliens seraient-ils des suaves méditerranéens?...
Tel Aviv l'été dernier m'avait déçu. En dehors de la plage, belle mais peu baignable, j'avais trouvé la ville poussiéreuse, assez moche, faite de bric et de broc, sans grand intérêt. Cette fois-ci, le soleil et la douceur de l'air rendaient justice à son nom de "Colline du printemps". La ville est jeune, sympathique, pleine d'endroits où les familles se baladent de bonne humeur, de cafés branchés sans être prétentieux, modernes sans perdre leur caractère. Et puis tellement d'arbres, de jardins, de chats paisibles, tout pour plaire, quoi. Pour les amateurs, ci-dessous, un petit Chagall daté 1932 du TAMA (Tel Aviv Museum of Art), qui représente la ruelle devant le mur «des Lamentations », avant que l'esplanade actuelle ne soit dégagée après la Guerre des Six Jours.