dimanche 5 juillet 2009

Ouupps...

C’est aujourd’hui le 74ème anniversaire de Sa Sainteté le Dalai Lama. Joie, tambourins, fifres et vivats. Un énorme char fleuri avance dans les rues de Paris, précédé d’une foule en liesse dansant, tapant dans les mains, bonzes et bonzesses en jolies robes, badauds enchantés, enfants ébahis. C’est beau comme là-bas, dis.
Tout à coup, dans l’allégresse générale, malaise, un échafaudage gène le passage de la haute coupole de toile. On affaisse un peu la coupole (oh ! ah ! fait la foule). On repart d’un bon pas (dansez, fidèles, résonnez clochettes, sonnez tambourins), et patatras, la scoumoune ! La rue est vraiment trop étroite, les terrasses des restaurants plus l’échafaudage c’est vraiment trop. Conciliabule des vieux sages en haut lieu (sur le char, quoi), au milieu des fumées d’encens. Piétinement un bon quart d’heure, rumeurs diverses dans la foule, puis le char fait une habile manœuvre et prend la rue à gauche, suivi de la foule en liesse. Un peu plus, et certains fidèles auraient pu commencer à douter de leur foi. Dansez, fidèles, résonnez clochettes, sonnez tambourins !

mercredi 1 juillet 2009

Sales bêtes

Intéressant article dans le New York Times sur la vie des lucioles. On y apprend que les lucioles mâles émettent des signaux lumineux avec une fréquence et des intervalles minutés au dixième de seconde près, et différents selon les espèces. Pas question de mésalliance, ah non, dans les familles lucioles on ne rigole pas. Il y a 2000 espèces différentes, alors vous voyez le tableau si tout le monde copule avec le premier venu.
Pendant que les mâles volettent, les femelles lucioles observent, boudeuses, dans l’herbe, et quand elles repèrent un male qui envoie un joli signal, paf ! elles leur envoient, juste à lui, un seul signal bref qui signifie « Oh ben vous alors ! ». Et c’est dans la poche. Il y certains mâles qui virevoltent en l’air pendant des heures, clignotent comme des fous pour rien, ces dames vautrées dans la luzerne le méprisent, ne lui envoient pas un signal, que dalle « Aucun sens du rythme, pouah », « non mais quel naze, pas fichu de faire des signaux un peu jolis, aucun sens artistique", "Aux chiottes ! Remboursez! ». Oui, la femelle luciole peut-être assez ordurière.
En fait, il semble que les femelles ne choisissent pas seulement le mâle qui envoie un signal bien comme il faut. A travers les signaux elles repèrent ceux qui peuvent offrir, en plus de la petite graine, un bon paquet de protéines en même temps (si, si, ça me fait plaisir, ça va avec). Car la pauvre femelle luciole ne mange rien pendant les 2 semaines que dure sa vie adulte, alors pensez un bon paquet de protéines quand on a plein d'oeufs à pondre, ça ne se refuse pas. Comme quoi, il n’y a pas que le sens artistique qui permet d’emballer.
Chose amusante, il y a un genre de luciole, appelé Photuris qui émet des signaux de femelles énamourées pour attirer les mâles concupiscents et se les goinfrer comme des sauvages (je n’invente rien, c’est écrit dans le journal. Alors).
Je n’avais jamais vu de lucioles de ma vie jusqu’au jour où débarquant du bus à St Louis (Missouri) à 20 ans, il y a bien des lunes, je me suis retrouvé avec quelques étudiants allemands. Nous nous sommes retrouvés Dieu sait comment dans une banlieue chic, avec grandes maisons blanches, jardins impeccables et vastes pelouses. Chez Bree Van de Kamp, quoi. C’était la fin d’après-midi, il faisait chaud. Nous nous mîmes en recherche de bière et de saucisses, que nous avons trouvées dans une petite boutique du coin. S’est posée alors la question de la cuisson des saucisses. Ach. Nous avons un peu regardé autour de nous et nous sommes benoîtement installés sur une pelouse, vaguement cachés par des arbres, et avons allumé un beau feu avec du bois mort et des aiguilles de pin. Ce fut une belle flambée, sur la pelouse d’un parfait inconnu, sous de grands pins odorants. On ne nous a pas tiré dessus par le plus grand des hasards. Nous sommes restés là quelques heures à boire de la bière, à chanter du Simon et Garfunkel, à alimenter le feu et à regarder griller les bratwursts. La nuit est tombée, le feu brûlait encore faisant une belle trace noire sur la pelouse du Monsieur et les lucioles se sont mises à voler. Il y en avait des dizaines, je n’avais jamais vu une chose pareille, magie totale, nous étions entourés de mini-hélicoptères clignotants, dans la chaleur moite de cette belle nuit d’été. Il y en avait aussi par terre qui cligontaient de temps en temps, on faisait attention à ne pas marcher dessus. Ignorants que nous étions, nous trouvions ça joli toutes ces petites loupiottes, nous n’avions aucune idée des pratiques dégoûtantes de ces bêtes-là.
On foutait le feu chez de braves gens, peut-être, mais on avait de la moralité nous, à l'époque.

Allez une chanson de l'époque, non pas sur des lucioles lubriques, mais sur une jolie libellule, par Simone et Garfunkèle:


Simon & Garfunkel - April come she will

dimanche 28 juin 2009

Michel m'a rater

Pour faire refaire ma salle de bains il y a 2 ans j’ai fait appel à un ami d’amie, Michel et sa société Parallèle*. Le chantier a – bien sûr –duré nettement plus longtemps que prévu. J’avais naïvement pris 2 semaines de vacances pour la durée des travaux promise par Michel. J’ai reposé mes palmes et mes valises dans un chantier en souffrance et j’ai dû faire appel à la charité du voisinage pour bénéficier des services que l’on trouve en général dans les salles d’eau modernes. En pleine canicule, cela va de soi. Mais bon, entre amis on ne va pas se fâcher. J’ai fini par être à tu et à toi avec tous les ouvriers, contremaîtres, etc. une joyeuse communauté de spécialistes ès installations de salle de bains haut de gamme.
Il a fallu à moment donné choisir un radiateur mural, sèche-serviette. Coup de bol inouï, il y en avait un, pile de la bonne taille, en exposition dans un des magasins de Parallèle, à Bastille. Je l’ai payé au prix du neuf, avec l’avantage de ne pas avoir de mode d’emploi, de garantie et toutes ces paperasseries inutiles entre amis. Las, le dis radiateur a cessé de fonctionner au bout de quelques mois. La société Parallèle a diligenté après une série de coups de fils de moins en moins amicaux un de ses nouveaux contremaîtres qui a trouvé que, effectivement, le radiateur ne fonctionnait plus et que, de plus, le boîtier de commandes était dangereusement proche de l’eau coulant de la douche. Avec l’aplomb de l’inspecteur des travaux finis, le Monsieur m’a annoncé qu’il y avait risque d’électrocution. Ceci n’a pas fait plaisir à Boris*, l’ouvrier qui avait réalisé l’installation et qui était devenu, depuis ces longs mois, un bon ami. Boris m’a regardé avec des yeux qui disaient clairement qu’il exagérait le nouveau avec ses histoires de normes, de pas moins d’un mètre de distance avec l’eau et tous ces trucs insensés que c’est la faute de Bruxelles. Mais, bien sûr, ce n’était rien à changer, on avait la pièce nécessaire au magasin et on déplacerait le boîtier de l’autre côté du radiateur pour éviter l’effet Claude François. Nous nous sommes quittés sur des paroles des plus amicales, sûrs de se revoir bientôt pour régler cette broutille.
Deux ans plus tard, après fax, messages, coup de fil, puis lettre recommandée, aucun signe concret de Parallèle. Un porte serviette métallique et froid de 700 Euros orne ma salle de bains. J’ai pensé bricoler le truc moi-même ou faire appel à un plombier du coin, mais n’ayant pas de mode d’emploi, de référence, etc… j’ai laissé traîner, comptant vaguement sur mon ami Michel pour, un jour, agir enfin et soulager sa conscience certainement bien agitée. Pas de chauffage dans ma salle de bains, les serviettes sèchent comme elles peuvent, à la naturelle, mais avec les beaux jours, on relativise le désagrément.
Jusqu’à la nuit dernière où j’ai été réveillé par des crépitements violents, des flammes, de la fumée : le boîtier du radiateur était en flammes. Tout benoîtement, sans rien demander à personne, il s’est mis à court-circuiter, à noircir et à fumer avec entrain. Une veine qu’il n’y ait pas eu de serviette suspendue pour prendre feu et incendier l’immeuble. Une veine aussi que cela ne se soit pas passé pendant que j’étais sous la douche, j’aurais retrouvé fissa Cloclo et ses clodettes les plus chevronnées, dans des éclairs et des fulgurances dignes de Michael Jackson en pleine gloire. Remarque, j’aurais pu passer voir Michael au purgatoire et lui demander comment il avait trépassé. Je me demande si Parallèle n’a pas une succursale à Los Angeles. On aurait un début d’explication à ce drame soudain et mystérieux. Je vais appeler le répondeur portable de Michel pour m’enquérir.
* Toute ressemblance, etc.., bien sûr.

jeudi 25 juin 2009

Erratum

Suite au message d'hier, énormément de lecteurs m’ont signalé que Rama Yade a été nommée au secrétariat aux Sports lors du remaniement ministériel. On a donc pensé à une black, et non pas un black, mea culpa.
A propos de clichés, lisez ce fumant article sur deux étudiants qui ont remporté le Grand Prix Paris Match de photojournalisme avec un pseudo-reportage sur la précarité estudiantine. Les clichés sont une valeur sûre dans notre époque troublée.

mercredi 24 juin 2009

Fred à la Culture

Sarkozy a encore donné de la matière à tout un tas de numéros magnifiques de Paris Match avec son remaniement, dont la pièce de résistance est Frédéric Mitterrand à la Culture. Un homo à la Culture, oui c’est bien, c’est dans l’ordre des choses ; on avait aussi pensé à un black pour le secrétariat d’Etat aux sports, mais, là, les sondages étaient moins unanimes. Et puis, on a sorti Karoutchi, on avait un petit problème de quota. Il y a des teigneux qui auraient fait des réflexions sournoises et acides, c’est sûr.
Ce qui est bien, avec F Mitterrand, c'est qu'on sort des apparatchiks de l’UMP engoncés dans leurs costumes noirs qui ont tous des têtes qu’on oublie sans problème (qui est capable de reconnaître Yves Jégo, Eric Woerth ou Yves Chatel en photo ?).
FM est clairement un homme de la « société civile », qui a connu des hauts et des bas. Surtout des bas, si on en croit sa biographie « La mauvaise vie », maintenant disponible en poche (pas cher). On découvre dans ce livre à quel point FM, qui est intelligent, cultivé, populaire, et pas aussi horrible que Roger Karoutchi, a une incroyablement pauvre opinion de lui-même. Un ministre qui dit publiquement qu’il pense être un minable, c’est également une première. Il est trop fort, ce Sarko.

vendredi 19 juin 2009

Toute ma vie, j’ai rêvé de m’envoyer en l’air

Le vol Bruxelles-New York arrive malgré le décès du pilote en vol. Il y avait deux autres pilotes à bord qui ont ramené tout ce petit monde à bon port.
Chez Continental ils mettent donc 3 pilotes sur leurs vols? Beau signe de confiance. Leurs pilotes doivent être dans des états épouvantables. Mais bon, pour un copilote qui a de l’ambition, ça doit être une compagnie intéressante.

mardi 16 juin 2009

Omar nous a quitter

Aujourd’hui funérailles d’Omar Bongo. La France est représentée par Sarkozy, Chirac et Kouchner, que de bons amis. A tout prendre, je préfère que la France soigne ses amitiés africaines, plutôt que de voir la Chine ou les Etats-Unis prendre sa place. C’est de bonne guerre, même si on pourrait souhaiter que la France honore aussi, hors de ses frontières ses principes fondateurs. Donc, ces trois personnages sont à Libreville, avec les mines de circonstances.
Pourtant, je me rappelle qu’aux obsèques de Léopold Sedar Senghor, en 2001, la France s’était faite représenter par le secrétaire d’Etat à la francophonie et le président de l’Assemblée Nationale.
On comparera avec intérêt le niveau de l’hommage rendu par « la France ». D’un côté à un président à vie qui a passé son temps à exploiter son pays en répartissant les fruits du pillage entre ses proches et ceux – nombreux, sans doute – qui auraient pu lui faire de l’ombre. Un fin connaisseur de la nature humaine qui a compris tout l’intérêt qu’il y a à engraisser ses opposants. De l’autre un homme politique français puis sénégalais, un homme de culture, un démocrate qui s’est plié au jeu des élections libres, qui ne s’est pas enrichi sur le dos de son pays, membre de l’Académie Française, qui a passé les dernières années de sa vie en Normandie dans une maison que l’on ne soupçonne pas d’être un bien mal acquis.