dimanche 14 mars 2010

Le dernier chagrin de Jean Ferrat

Hommage de la presse ce matin à Jean Ferrat. La nation unie, en ce matin d’élections régionales, pour un dernier hommage au dernier des chanteurs engagés, des chanteurs à voix, des chanteurs émaciés en noir et blanc, etc… Pas sûr que son nom dise grand-chose aux moins de 40 ans, mais enfin, ne boudons pas cette évocation d’une époque qui rappelle les pique-niques dans les prés fleuris, l’école communale, la lutte des classes et les défilés unitaires, une certaine idée de la fraternité. On va beaucoup entendre aujourd’hui « La femme est l’avenir de l’hooo-homeu », et aussi probablement « Nuit et brouillard ».
"Nuit et brouillard" c’est cette chanson qui dit très justement que « le sang sèche vite en entrant dans l’histoire » et qui commence par :
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
Nus et maigres tremblants dans des wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants,
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.


Un bel été des années 70, un de mes frères revenant de colonie de vacances la braillait en chantant :
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
Ils aimaient être en blanc dans des wagons plombés…
Jean Ferrat n’en saura jamais rien, et ce n’est pas plus mal.

3 commentaires:

dolkorun a dit…

Remarque, moi, à la même époque, je chantais :
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre...
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce bal du ciment...
(Il y avait alors le bal des pompiers, pourquoi pas celui des cimentiers...)

Breizhbreizhgalettesaucisse a dit…

Exact! "C'est qui?" a demandé ma dernière!

sameplayer a dit…

@ Dolkorun : bien sûr, le bal des cimentiers, ça fait rêver bien des midinettes.
@ BBGS : pas étonnant, pour une pauvre gamine élevée au Théodore Botrel, au Tri Yann et au Michel Sardou.